Lettre à Tatie Monique.

Publié le par Julie Moreau

Chère tatate Monique,

J'ai entendu dire que je te manquais beaucoup et que tu cherchais désespérément de mes nouvelles sur le net. Cela m'a fait très chaud au cœur, et pour te remercier, j'ai décidé de te faciliter la tâche en écrivant ce soir.

J'ai le regret de t'annoncer que je suis malade, j'ai attrapé une bonne grippe à force de jouer les globe-trotteurs. C'est pas qu'il a fait super froid, mais ajouté à la fatigue et à la mal-bouffe ça aide pas. Mais ne t'inquiète pas, c'est pas ça qui m'a empêché de passer de bonnes vacances (non mais oh, c'est pas un coup de froid qui va arrêter une Moreau!)

J'ai donc commencé mon voyage en bus direction les chutes du Niagara, un jour et quatre heures de bus, je recommencerai pas, on est arrivé avec de la neige, a gla gla, ce qui aurait pu être vachement sympa, à condition d'avoir des amis drôles, mais ce n'était pas le cas. Donc pas de batailles de neige possible. C'est dommage c'est pourtant pas à Nantes qu'on peut en faire! Bref, les chutes étaient superbes évidement (enfin presque aussi belles que les miennes). Le paysage était tout blanc, il y avait de la neige et de la glace partout, c'était pourtant sensé être des vacances de printemps! Faut pas chercher à comprendre c'est l'Amérique! En parlant des américains (je mets les canadiens dans le même paquet) ils ont décidément le don de dénaturaliser les choses, les espaces verts, le crapahutage, ils ne savent pas ce que c'est, non goudronnez-moi tout ça, construisez-moi une ville fantôme, ouvrez des casinos, des magasins, des musées de cire, des attrape-nigauds pour touristes, ce sera plus rentable... Bref très bonne matinée pour commencer.

Puis Toronto, ou on a rien vu de très captivant à part une manifestation de tracteurs dans la ville (mais ils ont pas osé s'aventurer dans le centre). Alors les américains, ils ont pas l'habitude de manifester, et ça se voit! On devrait les emmener faire des stages en France. En gros y'avait peut être une petite vingtaine de tracteurs qui circulaient tout pénards en ville, avec tous la même pancarte: "Les agriculteurs nourrissent la ville" ou quelque chose du genre. Pathétique! Pas de bruit, pas de Klaxons, pas de blocus ni de gêne dans le trafic, pas de message choc ou même intelligible, pas même de revendications! Du grand n'importe quoi, ils sont bons qu'à se la fermer et à s'écraser face au gouvernement. Ils feraient mieux d'économiser leur essence et d'arrêter de polluer l'atmosphère inutilement.

Second point fort de Toronto: Moi et ma collection de chutes mémorables, pas volontaires mais bien cherchées! Alors que nous nous promenions dans l'université de la ville, qui au passage ressemble fort beaucoup à ce que j'ai vu à Glasgow, nous avons croisé des canons. Et là, petit coup de nostalgie et de mal du pays, je repense à cette photo de moi, petite fille aux cheveux d'or,  haute comme trois pommes, à califourchon sur un canon sur les remparts de st Malo. Nostalgie oblige, je décide de renouveler la pose, grimpe sur le canon, et affiche mon sourire colgate jauneur. Sauf qu'au moment de redescendre, je prends un très mauvais point d'appui et perds absolument tout contrôle. Le canon était très glissant et je me suis très vite rendue compte que j'avais fait un faux mouvement et que j'allais me vautrer majestueusement et me faire super mal, et que je ne pouvais absolument rien faire contre. La scène à parut très longue à vivre, j'aurais pu m'agripper à vero, elle aussi sur le canon, mais faut croire que je suis trop sympa avec les gens, j'ai pas voulu l'entraîner. Pour une fois mes deux compères m'ont vu du début à la fin. J'm'en suis tirée avec un gros "aaaaaaaaaaaaah!", puis un gros "aïïïïïeee!",  un gros bleu sur la fesse droite, et un gros fou rire collectif, et puis une chute à ajouter à ma belle collection. Je suis fière de moi, j'espère pouvoir continuer ce rituel lors de mes prochains voyages.

Ah si, troisième point fort de Toronto: une rencontre passionnante! Le soir, tournée des bars avec Sam et Véro. On atterrit dans un bar, un peu chelou, qui fait aussi salle de concert sauf que le parterre n'est pas en face de la scène, bizarre. Bref, je me fait accoster par une nana qui me demande si je sais jouer au billard, je suis une quiche au billard, mais elle m'invite quand même à jouer avec elle, alors je dit d'accord pas de problème. Elle commence à m'expliquer des règles vachement balaises, j'ai rien compris, en même temps j'entendais pas tout ce qu'elle me disait, mais j'avais surtout l'impression qu'elle les changeait au fur et à mesure du jeu comme ça l'arrangeait. Madame est une professionnelle du billard, elle a commencé à 5 ans, elle n'a jamais travaillé dans sa vie, non elle est partie de rien et gagne sa vie en jouant et en faisant des paris sur des parties. Elle ne connaît pas Jean Claude Van Damme en personne, mais c'est une femme extraordinaire, elle est irlandaise française et macédonienne, mais elle n'a jamais mis le pied en Europe et connaît pas un mot de français. Sa fille et moi avons la même date d'anniversaire, "c'est un signe des astres!" madame est aussi écrivain, elle écrit des romans ou je ne sais quoi, le titre de son bouquin était très original mais je ne m'en souviens plus, dommage! bon entre parenthèses pour quelqu'un qu'est sensé jouer au billard depuis l'age de 5 ans, elle est plutôt très mauvaise. Vero a d'abord cru que je lui plaisais, au final elle nous a surtout fait chier une bonne partie de la soirée, elle a voulu me soutirer mon adresse pour m'envoyer son livre et a écrit ma date de naissance en guise de code postal, allez comprendre! Peut-être n'ai-je pas l'esprit aussi ouvert qu'il le faudrait, en tout cas, on rencontre vraiment des gens merveilleux! Allez au Canada…

Arrivée à Montréal, neige au programme évidemment, mais il fait moins froid qu'a toronto. On commence par chercher notre auberge de jeunesse, rein de plus facile, sauf que surprise, réception fermée! On se réfugie dans une boulangerie (oui Montréal c'est pratiquement comme la France, et c'est le pied!) chocolat chaud et pain au chocolat à consommer sur place, ça vaut pas les trésors de Derval, mais après 7 mois de bouffe américaine, ça passe plutôt bien. On retourne à l'auberge une heure plus tard toujours personne! Merci Cindy pour le tuyau! Accueil génial et ambiance chaleureuse? T'as vu ça ou? Bref, finalement le mec se pointe. Premier vrai contact avec un québécois, j'adore, bon je me suis aperçu qu'il était un peu chelou lui aussi, mais il néanmoins sympa il m'a bien fait marrer. C'est un artiste qu'a la cinquantaine je dirais, il m'a tenu la grappe pendant plus d'une heure en fin d'après midi dans notre chambre. Il a passé son temps à essayer de me séduire et à faire des allusions pas très correctes. Il m'a fait un tour de prestidigitation avec mes lunettes, mais ça ne m'a pas impressionnée, dans la mesure où il me les as justement prises, j'ai pas vu grand chose à sa grande magie. Il perdait pas une occasion pour essayer de me prendre la main (ça m'a vaguement rappelé un certain Michel à Noirmoutier), Cindy quand tu disais "accueil très chaleureux"! Bref, il m'a bien fait marrer et puis on a pas mal parlé du Québec et des gens, c'était intéressant. Moi les québécois j'adore, ils ont l'air nettement plus cool que les Français, et puis faut les entendre parler, yen a qu'on un accent très sexy, d'autres horrible, d'autres absolument incompréhensible, on est parfois obligé de demander de répéter plusieurs fois, à la fin on fini même en anglais parce que c'est beaucoup plus clair. Mais bon ils sont tous choux! Montréal c'est aussi des quartiers très sympas, des bars presque aussi bien que mon café pop de Nantes, comme "les foufounes électriques" des ptites salles de concerts super chouettes et intimes et des programmateurs à la con, mais je ne retournerai pas le couteau dans la plaie une seconde fois.

Quatrième et dernière étape de ce voyage: boston; retour aux états unis.  D'un point de vue esthétique, boston c'est nettement mieux que new York, ya pas photo, c'est très européen, très chaleureux et ça n'a rien à voir avec le coté impersonnel et froid des autres villes américaines. C'est une ville très riche en histoire. On était complètement crevées avec vero , dormir dans un bus c'est pas top et ça requinque pas, mais ça nous a pas empêché d'apprécier la ville. On est reparti le lendemain matin, après une nuit de fête pour vero et une nuit cloué au lit avec 38 de fièvre pour moi. J'ai amplifié ma grippe sur le chemin du retour grâce à un manque de chaleur, de sommeil et de nourriture mangeable et disponible. Ca m'a pas empêché d'assurer mes cours aujourd'hui mais demain je vais me porter mourante et rester me reposer dans ma chambre dorénavant sans chauffage.


Voilà très chère tatate , j'espère que la lecture de cet article n'a pas trop grignoté sur ton temps de travail, je te fais de gros bisous en attendant mon retour en France dans trois mois.


Julie des amériques.



Remerciements:
Grand merci à Cindy, Sophie, Alex et Nick qui ont su maintenir mon blog en vie pendant mon absence. Merci également à Samuel, pour avoir involontairement transmis de mes nouvelles à ma famille. Et enfin, grand merci à Monique, très fidèle lectrice.

Publié dans libertyland

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julie 31/03/2006 00:21

j'y ai pense a tes empreintes mais je ne savais pas ou c'etait> c ou ds le parc jean drapeau?
j'avais oublie l'attraction la plus sensationnelle de toronto: the walk of fame!  ca c une attraction!

cindy 30/03/2006 23:01

hey au fait! vous etes allez au parc jean drapeau? vous avez vu mes empreintes de converses dans le goudron?...

Samuel 28/03/2006 20:47

Beh moi, ma tante Sophie elle a pas eu besoin de lire mon blog vu que je l'ai vu au Québec. Alors arrête un peu de te la péter avec ta tante Monique.
Pour tante Monique: Enchanté. Il est bien mon blog, hein?

cindy, fiere 28/03/2006 20:36

et ai-je besoin d'ajouter que 8 d'entre elles sont les soeurs de ma mere? ahah! ca c'est pas banal!

cindy, meme pas jalouse 28/03/2006 20:34

ben moi aussi j'ai une tatie monique. et j'ai aussi une tante jeanine, une tante marie-therese, une tante francoise, une tante marie, une tante margo, une tante annick, une tante brigitte, nan, deux, et une tante martine. alors, on fait moins la maline, la, hein?